30.5.08




[LA PRIMERA VEZ]


Gracias a Cristina he regresado a eso que pensaba no saber más lo que era, de qué estaba hecho. Gracias a ella recupero los ojos de mis seis años y esa primera experiencia de cine. Ahora lo sé (¿siempre lo supe?), que ese primer temblor no venía de la imagen. Quien diga que el cine es imagen en movimiento no sabe lo que dice.

El cine es, el cine en mi vida ha sido, lo que puedo ver una, dos, tres, innumerables veces. Es un muerto que respira.

Este filme de Monteiro me lleva a eso: última imagen y primera vez (y todo recomienza).



.

9.5.08



[NE TOUCHONS PAS UNE SEULE PIERRE]


L’idée me plaît : quelque part entre contre l’oubli et oublier aussi rapidement que possible. (...) Les deux sont des illusions : l’illusion que nous vivons pour l’histoire, ou que je ne suis qu’un produit de l’histoire ; et l’illusion que nous pouvons nous dissocier de cette histoire. C’est toujours un aller-retour. (...) Les gens [en Europe] vivent depuis toujours avec ce type de contradiction. Ils ont vécu tous les extrêmes, de : “Brûlons tout pour repartir de zéro” à : “Ne touchons pas une seule pierre, parce que c’est sublime”.

Robert Kramer


.

4.5.08



[MAI 68]



Miss Brooks dit :


Je déteste


les endroits calmes : on n’y a
aucun avant-goût de ce qui sera


mon corps


les grandes décisions


les gens qui disent : « Les gens… »


——————————————————

Jean-Jacques Schuhl, « Télex N° 1 », page 123, Gallimard.

Sur la photo (de gauche à droite) : Godard, Eustache, Léaud et Schuhl.


.

3.5.08



[LETTRE A JEAN-JACQUES SCHUHL]


Cher Jean-Jacques,

Voici quelques raisons pour lesquelles j'ai dédié mon film Broken Flowers à Jean Eustache :

Ici, dans ma maison située au milieu d'une épaisse forêt des montagnes des Catskill, il y a la petite pièce où j'écris, et dans cette pièce se trouve une vieille table en bois dont on m'a dit qu'elle a été fabriquée il y a plus d'un siècle comme table de travail d'un cartographe, et c'est là-dessus que j'ai assemblé chacun de mes scripts ( Dead Man, Ghost Dog et plus récemment Broken Flowers ). Au mur sont épinglées des coupures de journaux (nécrologies de William Burroughs, Fela Kuti, et Jean Rouch) et quelques petites photographies (Joe Louis, Robert Mitchum, Geronimo, et Buster Keaton). Mais la seule qui est encadrée, c'est une photo de Jean Eustache sur le tournage de la Maman et la Putain que j'ai découpée dans l'article nécrologique du New York Times remontant à l'automne de 1981. Elle est accrochée tout près du coin où je travaille.

Cette photo jaunie est la raison immédiate qui m'a fait dédier mon film à Jean Eustache. Le script a été écrit très vite ­ en deux semaines et demie, et Jean Eustache semblait, alors plus que jamais, être présent, veillant sur moi pendant que je griffonnais tout le long des nuits (j'écris à la main dans des carnets à dessins ­ et, cette fois, la première chose que j'ai écrite a été : «Pour Jean Eustache») [...].

Pendant que je t'écris ce fax, je suis à nouveau dans ma petite pièce dans les Catskill, et là, tout près de moi sur le mur, il y a cette image d'Eustache accroupi juste à côté d'un tourne-disque aujourd'hui démodé, la cigarette dans une main tandis qu'il fait doucement un geste de l'autre, son visage en partie caché par des lunettes noires et de fins cheveux longs, toute son énergie absorbée par le beau film compliqué qu'il est en train de créer.

Jim Jarmusch




..................................................................

Jean-Jacques Schuhl : Jean Eustache aimait le rien.


.

2.5.08

[ESTAS NOCHES CON ELLA]

Estas noches y un sólo viaje. Veintisiete años atrás.

Escribía cuando ningún ruido.

A eso de las cuatro o cinco, dependía de las noches, abría la jaula.

Y si yo volaba con ella era buen signo



.

1.5.08



[RETORNO]

Dos meses y yo era un muro y las palabras no pasaban.
Ni siquiera las más familiares y queridas.

Súbitamente, los tres últimos días, me puse a correr detrás de ellas.

Las palabras, ahora lo sabía, me dejaban deseoso porque se parecían a las cosas. Y yo las quería tener.



____________________________________________

Fotografía de Joseph Gallus Rittenberg
Poemas, en inglés, de Heiner Müller aquí



.

Archivo del blog

Datos personales

Seguidores